L’obésité jouerait un rôle très important dans la sexualité, selon une étude européenne publiée en juin dans la revue médicale BMJ
Cette étude a été réalisée sur plus de 12 000 hommes et femmes français entre 18 et 69 ans, en fonction de leur indice de masse corporelle. Elle démontre pour la première fois le lien entre indice de masse corporelle (IMC, le poids divisé par la taille au carré), et activité sexuelle, mais aussi entre IMC et santé sexuelle (satisfaction, avortement…). L'étude montre un impact négatif de l'obésité sur la sexualité plus fort chez les femmes que chez les hommes. Evidemment lorsqu’elles ont un partenaire, leur activité sexuelle et le degré de satisfaction sont similaires à ceux des femmes de poids normal (IMC compris entre 18,5 et 25). Mais les obèses (IMC supérieur à 30) ont 30 % de moins de chances d'avoir eu un partenaire sexuel dans les douze derniers mois, quel que soit leur âge. Leur obésité semble influencer dans le choix de leur partenaire : dans 67 % des cas, il est obèse (ou en surpoids) lui aussi, alors que les hommes obèses sont, eux, 39 % à avoir une partenaire au poids élevé ou très élevé.
Le poids a aussi une conséquence sur la sexualité des hommes: les obèses sont plus nombreux à souffrir de dysfonctionnements sexuels et, chez les plus jeunes, à contracter des infections sexuellement transmissibles. Néanmoins les femmes obèses ne connaissent pas plus ces problèmes que les autres femmes. De plus, l'obésité joue sur les comportements : si les femmes en surpoids utilisent autant la contraception que celles de poids normal, elles sont par contre plus nombreuses à utiliser des procédés moins efficaces, comme le retrait. Et puis, même avec un partenaire, elles sont moitié moins à estimer la sexualité comme un élément important de leur équilibre personnel.